Paris-Soissons : que valent nos spécialités culinaires ?

Un match improbable vient de pousser sur les terres de notre blog : celui du jambon et du haricot (on imagine bien votre regard intrigué). Pas très sexy, c’est vrai. Même pas alléchant ! L’explication la voici : ce sont les spécialités culinaires de nos villes d’adoption respectives, Paris et Soissons. Et puisqu’on est adepte de gastronomie, on est allé investiguer (oui, investiguer) sur ces produits phares de la cuisine de nos villes. Passage à la casserole imminent !

Agathe vous en paye une tranche

Ah, Paris ! La capitale du romantisme, de la mode, de la gastronomie… Et du jambon, oui. Même si cette facette de Paris fait moins rêver, voilà une belle occasion de découvrir son terroir et, surtout, de savoir si ce fameux jambon de Paris (vanté par Herta) existe encore. Je ne suis pas certaine d’en avoir déjà goûté du vrai !

Mardi 5 avril
En plein brainstorming avec Camille, on trouve cette (curieuse) idée de match. Ni une, ni deux, je googlise immédiatement « jambon de Paris ». Quelques clics plus tard, je suis en ligne avec « le dernier grossiste artisan de Paris à fabriquer ce jambon selon une recette qui se transmet de génération en génération » : Doumbéa. C’est lui qui fournirait toute la ville en jambon de Paris notamment (une centaine de boulangeries, charcuteries, restaurants parmi lesquels des adresses prestigieuses) depuis son site de production rue de Charonne. Alors, bien sûr, on n’en trouve pas partout mais il y a forcément une adresse près de chez vous. La personne que j’ai au téléphone m’oriente vers un produit spécifique : « le Prince de Paris ». C’est apparemment le dernier jambon de Paris. Celui que je dois goûter.

Mercredi 13 avril, 10h
Oui, je sais, il s’est écoulé plus d’une semaine entre mes recherches et le moment où j’ai franchi le pas. Mais, ça y est, j’y suis : au marché de Saint Quentin, près de la gare de l’Est, niché sous d’anciennes halles. Là, au moins, je suis sûre de trouver mon bonheur. Et comment ! Trois charcutiers vendent du jambon de Paris et même des sandwichs en contenant. Mais rien de tel que le produit à l’état brut pour éveiller mes papilles !

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Premier arrêt à « La Charcuterie du Marché ». « Bonjour, je cherche « le Prince de Paris », vous en vendez ? ». Le charcutier me répond que non mais me suggère un autre jambon de Paris, également de chez Doumbéa. Interloquée (pensant que « le Prince de Paris » était la seule recette de jambon de Paris), j’accepte. D’apparence, il ressemble à un jambon classique. J’en prends une tranche à 23,90 € le kilo soit 1 €. Curieuse, je poursuis mon chemin à travers les étals colorés et parfumés du marché. Tiens, un autre charcutier – très sobre : les Coco 2 Paris. Je tente ma chance. Bingo, ils ont du jambon de Paris ! Mieux que ça, ils ont « le Prince de Paris », vendu ici comme étant le meilleur – à 25,90 € le kilo soit 1,55 € la tranche. Rien qu’à le regarder, sa finesse, son effilage, sa couleur rose pâle… J’en salive ! Pour pouvoir le comparer, je prends également du jambon blanc cuit (et non de Paris)… Et je demande un éclairage sur le sujet. Ça tombe bien, le charcutier que j’ai en face de moi est très sociable. Après quelques minutes de discussion, j’ai appris que « le Prince de Paris » portait le nom d’une recette traditionnelle spéciale réalisée dans un bouillon et au salage particulier (de Guérande) avant l’élaboration de la forme du jambon et son découennage. Ça tombe bien, le jambon sans couenne, c’est ce que je préfère. Mes achats effectués, me voilà prête pour la dégustation.

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Mercredi 13 avril, 11h30
Niveau jambon, j’ai largement de quoi mener mon enquête. Niveau infos, par contre, c’est un peu flou. Je prends mon portable pour recontacter Doumbéa, le grossiste, pour préciser certains points. Pourquoi m’a-t-on vendu des jambons de Paris différents alors que je croyais qu’il n’en existait plus qu’un ? Qu’est-ce-qui distingue le jambon de Paris des autres ? Et quelle différence entre le jambon de Paris et « le Prince » ? Encore une fois, on prend le temps de me répondre et je suis très bien renseignée. En fait, l’appellation jambon de Paris correspond à son origine, son lieu de production. À la connaissance de Doumbéa – et à la mienne d’après mes recherches -, ce grossiste serait le dernier à en produire dans Paris intra-muros (exit donc Herta et son usine de Seine-et-Marne (94)).
Si Doumbéa conseille « le Prince de Paris » – une recette exclusive de jambon de Paris à l’ancienne –, il en produit d’autres plus classiques, toujours artisanalement, sans conservateur et de qualité supérieure. Mais, selon lui, « le Prince de Paris » est le meilleur de l’appellation. Alors vérifions s’il est à la hauteur de sa réputation.

Mercredi 13 avril, 13h
Mon ventre gargouille : c’est le moment opportun pour tester ce produit mythique. Dans des assiettes, j’ai préparé une tranche de jambon sous vide ainsi que les trois achetées sur le marché ce matin.

Les deux tranches de jambon de Paris.
Les deux tranches de jambon de Paris.
  • Je commence par le jambon sous vide : plutôt acide mais il ressemble à ce que je mange habituellement.
  • Puis, la tranche de jambon blanc cuit : rien à voir avec le précédent, plus doux et léger mais au goût assez classique.
  • J’en viens au jambon de Paris, celui de « La Charcuterie du Marché ». D’aspect, il est assez épais. J’ai sûrement été la première à en acheter ce matin car la tranche est un peu sèche. Mais, au goût, je la trouve bonne. On sent bien le goût de la viande et la différence avec les précédentes tranches. Par contre, je la trouve trop salée et un peu lourde. C’est, pour moi, un bon jambon de Paris à la bonne franquette.
  • Mais tous ces jambons n’ont effectivement rien à voir avec « le Prince de Paris ». Le produit est digne de son nom : j’ai redécouvert le jambon. Je ne pensais pas que cet aliment pouvait être aussi fin en bouche et avoir une texture onctueuse et si douce. C’est comme du beurre ! Un régal ! Pas besoin de l’ensandwicher, il se déguste tel quel. C’est sûrement l’effet du sel de Guérande.

Verdict : moi qui n’aime pas spécialement le jambon, j’ai adoré « le Prince de Paris » et vous conseille vivement de le goûter. Il n’a effectivement rien à voir avec celui sous vide. Alors lancez-vous : faites vos courses sur le marché de temps en temps. Pour moi, c’est devenu une habitude de vie qui a amélioré mon quotidien… Mais pas chamboulé mon porte-monnaie pour autant. Il suffit « juste » de prendre de nouvelles habitudes. Une fois vos maraîchers préférés trouvés, vous consommerez des produits frais – et souvent sans conservateur. Vous verrez la différence. En revanche, n’oubliez pas que ce sont, de fait, des produits qui se conservent moins longtemps. Dans vos courses, ne prévoyez pas trop large ! Pas sûre que le haricot de Camille en conserve soit si frais et si fin… Et puis, à ce stade, vous n’avez plus faim, n’est-ce-pas ?

Comment goûter « le Prince de Paris » ?

Brut : en l’achetant aux « Coco 2 Paris » – Marché de Saint Quentin, métro Gare de l’Est

En sandwich : à la boulangerie « De belles manières » – Métro Etienne Marcel

En planche ou dans votre assiette : au restaurant « Le pavillon du Lac » – Aux Buttes Chaumont, métro Bolivar, Buttes Chaumont ou Laumière


Le haricot magique de Camille

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Je vous préviens, dans cet article, de la magie, il va y en avoir ! Ça va même péter des paillettes (pardonnez-moi l’expression) !

Quand je suis arrivée à Soissons il y trois ans, j’ai tout de suite entendu parler de ce haricot. On me l’a vendu comme étant le plus gros en France et comme le meilleur qui existe (les gars, c’est un haricot, on se calme !). Les Picards sont attachés à leur terroir – comme toutes les régions de France – mais ce haricot a quelque chose en plus, ici, à Soissons. Déjà, sa légende : la plus connue est celle datant de la période de la guerre de Cent ans. Le contexte : la peste est partout. Les Soissonnais s’enfuient avec leur récolte et perdent des graines sur leur passage. À leur retour à Soissons, ils découvrent un champ couvert de fèves qui les sauvera de la famine.

Le haricot, ce sauveur !

Aujourd’hui, on en trouve partout en France. Mais, attention, au supermarché, vous pouvez lire « haricots de Soissons » et vous retrouver avec l’arnaque de l’année ! La preuve avec cette photo. Un bon souvenir et un bon fou rire puisque c’est une auditrice qui me l’avait envoyé ; j’avais ensuite fait un sujet à la radio.

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Si vous voulez de vrais haricots de Soissons, passez une commande en nous envoyant un email à 2filles1match@gmail.com, je vous en dégoterai chez un bon producteur local. Il y a de nombreux spécialistes du haricot ici. Et c’est peu dire quand on sait qu’il existe même une confrérie du haricot de Soissons ! Oui, oui, sérieusement. Et, non, ce n’est pas une secte. C’est un groupe de personnes passionnées qui veulent faire perdurer les traditions et leur patrimoine. Ne rigole pas trop vite, Agathe. Je suis sûre qu’il y a aussi une confrérie du jambon de Paris. D’ailleurs, je l’ai rencontrée en septembre dernier lors de la fête du Haricot. Un événement ultra populaire, ici, à Soissons, qui s’était arrêtée pendant quelques années (avant d’être relancé en 2015). Cette fête est très connue pour son défilé de chars. La confrérie occupait d’ailleurs la première place dans le cortège – signe de l’importance du haricot dans la ville. Notez aussi les couleurs bleu et blanc : ce sont celles de Soissons.

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Allez, Agathe, tu viens à la fête du Haricot avec moi cette année ! Ce sera l’occasion de le découvrir ! Bloque ton dernier week-end de septembre dans ton super agenda (lien). La fête tombe pile au moment de la récolte du haricot.

Et si on parlait un peu plus du produit ? Quand je vous dis « haricot de Soissons », vous pensez sûrement à une fève blanche. En fait, elle se décline de plusieurs façons : on trouve des haricots de Soissons pour les plats traditionnels, pour l’apéro ou même en bonbons sucrés. Les Jardins de Pontarcher proposent des recettes originales à base de haricots et aux goûts parfois surprenants comme le piment d’Espelette.

Pour la version sucrée des haricots, vous pouvez acheter des petits sachets de bonbons à l’Office de Tourisme de Soissons. Sur les illustrations des emballages, on retrouve la cathédrale et l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes.

Et, si, grâce à cet article, vous avez envie de cuisiner des haricots de Soissons, voici de chouettes recettes. En plus, je reste dans le thème parce que 750g est un site made in Soissons. La classe ! Par contre, pour le jambon, Agathe, pas sûre qu’il existe une aussi vaste déclinaison avec tout un tas de recettes… A moins que, durant ton enquête, tu aies fait une découverte spéciale ? A toi de nous le dire !

Montage haricot


Et vous ?

Quelle est votre spécialité culinaire de votre ville ou celle que vous préférez ?

16 Comment

  1. MTC says: Répondre

    Je salive déjà à l’idée de goûter les haricots de Soissons.
    Alors Camille prépare toi à nous recevoir très bientôt
    En échange je te ferai déguster notre bonne charcuterie, et c’est avec plaisir que nous accueillerons également Agathe pour cette dégustation.

    1. 2filles1match says: Répondre

      *Camille*
      Le rendez-vous est pris, MTC ! On fera même une dégustation à l’aveugle, ça peut être fun 😉

  2. p.delph says: Répondre

    Vous m’avez donné envie toutes les deux mais j’avoue j’ai bien envie de découvrir les haricots de Soissons, tout simplement parce que je connaissais pas cette spécialité.

    1. 2filles1match says: Répondre

      *Camille*
      Et je te confirme, elle est à découvrir, Delphine ! Après, on peut ne pas l’aimer mais c’est le jeu ! 😉 Merci pour le point !

  3. Mc says: Répondre

    Tiens !!! Je ne connaissais pas les haricots de soissons …. Ni en apéro ni sucrés.., Lol j aimerai bien les découvrir et les tester et pourquoi pas passer commande … Par contre camille la recette que tu proposes (trop compliquée pour moi :() pour l originalité un point pour toi camille et j adore les foires gustatives 🙂 agathe ne loupe pas l invitation à mon avis tu vas te régaler …. Tiens nous au courant …

    1. 2filles1match says: Répondre

      *Camille*
      N’hésite pas si tu veux un petit colis, MC, je te le préparerais avec plaisir. 🙂 Il y a des recettes plus faciles, ne t’en fais pas !

  4. Audrey says: Répondre

    Je vote pour les haricots de Soissons!
    Je ne les ai jamais goûtés, j’attends que tu me les fasses déguster Camille.
    Je vous donne rendez-vous dans le sud-ouest! C’est la saucisse de Toulouse, le foie gras, le cassoulet et j’en passe!

    1. 2filles1match says: Répondre

      *Camille*
      C’est vrai qu’il y a plein de choses dans le Sud-Ouest, Audrey 🙂 ! Mais attention à ne pas en manger trop sinon c’est la crise de foie hihihi !

      1. nathalie says: Répondre

        Les haricots de Soissons me font saliver !
        Agathe, prépare nous ce plat ….
        gros bisous
        Nathalie

        1. 2filles1match says: Répondre

          *Agathe*
          Ah, nous avons ici un défi ! Cuisiner la spécialité de chez Camille… Je me laisse jusqu’à l’été pour relever ce défi (même si c’est plutôt un plat d’hiver !).
          C’est noté, merci Nathalie !

  5. Mc says: Répondre

    Plat d hiver pas tant que ça tu peux les consommer en apero si j ai bien lu l article de camille lol donc pas d excuse régalez vous et je veux bien la recette de votre diner presque parfait lol

    1. 2filles1match says: Répondre

      *Agathe*
      Oui c’est vrai ! Bonne idée en apéro, j’avais déjà presque oublié !
      Je te transmettrai la recette que je testerai par mail !

  6. ah ah je ne connaissais pas les haricots de Soissons mais je préfère le jambon donc à l’occcas j’essaiera ile Prince de Paris
    comme quoi on a tjrs des surprises

    1. 2filles1match says: Répondre

      *Agathe*
      Eh oui, parfois il suffit d’être un peu curieux pour en apprendre beaucoup ! Super découverte des haricots et du jambon pour ma part. Et, vraiment, je te conseille de le goûter au moins une fois. Tu verras, ça n’a rien à voir avec ce qu’on connaît déjà !
      Et toi, Tania, j’ai vu que tu étais de région parisienne mais y a-t-il une spécialité dans ta ville ? ^^

  7. non Agathe pas de spécialité dans ma ville! Par contre quelque chose qui n’a rien à voir mais connaîtrais tu de bonnes adresses de burgers à Paris ? Non ne se moque pas !
    je sais il y a des gens qui luttent contre la faim dans le monde , d’autres qui cherchent le vaccin contre le Sida et moi je cherche de bonnes adresses de burgers hi

    1. 2filles1match says: Répondre

      *Agathe*
      Oui, j’en ai plein mais il me semblait te les avoir laissés en commentaire sur ton blog ou sur le notre justement je me disais que c’était étrange de ne pas avoir eu ton retour ! Je te renvoie ça par mail rapidement

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